Jeudi 10 décembre 2009
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11:48
Ça y est c’est fait : j’ai bouclé mon premier « ultra » !
Bon y a ultra et ultra…c’est sûr.
La Saintélyon est une doyenne de la course à pied, un peu comme les 100 km de Millau ou plus proche de chez nous le Marseille-Cassis. La Saintélyon propose de parcourir 69 km entre 2 grandes villes
ennemies du Rhône (au football en tout cas). C’est ce défi qui me semblait intéressant : rallier 2 villes par les sentiers et les petites routes. Le parcours est composé grosso modo de 50% bitume
et de 50% sentier, sauf que j’ai l’impression d’avoir fait 75% bitume et le reste de sentiers…
Bref me voilà inscrit pour cette grande course, reste à m’y préparer… ! Pas adepte des programmes à la lettre, j’arrive tout de même depuis quelques semaines à varier et ainsi à fractionner, à
changer de rythme plus souvent et accélérer lors des sorties. Les semaines s’enchaînent sans bobos majeurs, et les off du club (MTC) s’avalent plutôt bien. Sauf que patatra, je réalise un peu de
fractionné court une dizaine de jours avant l’échéance et depuis plus rien… ou enfin presque un petit 6km de route 3 jours avant la course.
La faute à un virus à la c…, qui m’a tué et même cloué au lit (canapé en fait) le week-end précédent la course. Pendant une semaine j’ai la force d’aller bosser, mais pas plus… par contre je me
traîne des courbatures sans courir et des sinus bien garnis. Je me suis alors posé plusieurs fois la traditionnelle question : Ca sert à quoi d’aller là-bas dans cet état ? Ouais mais, y a Armelle
et Pascale qui doivent monter également et nous avons commencé à se rencarder pour l’orga et touti cuanti…
Bon ben c’est parti mon kiki… et tout le reste bien sûr… Le rendez-vous est donné chez moi vers 12h pour une pasta parti (original non ?)le samedi. C’est la miss (la mienne) qui est chargée du
repas, moi je peaufine avec Ugo les derniers préparatifs. Nous décollons dans le S.U.V. V.I.P. mis à disposition par le club avec chauffeuse et sièges chauffants (d’accord ça rien à voir). Le
voyage se déroule sans accrocs et nous sommes vite rendus dans la capitale des gones. Le temps de faire le tour du proprio, nous embarquons rapidement dans la navette pour St Etienne. Le car est
plein, plein de traileurs bien sûr, avec son lot de bavards, de criards, de rigolards, de racontars et de couches pas tard… Nous arrivons de nuit au parc-expo de St Etienne accueillant en même
temps un salon de l’agriculture et la fête de la génisse… un hasard du calendrier ?! Les dossards et les puces sont récupérés rapidement et nous squattons un coin tranquille pour nous reposer un
poil… (il est à peine 17/18h… et le départ est pour minuit !!). Nous avons tout de même bien joué au niveau timing, car nous avons évité les embouteillages, les attentes et autres tracas du gars
qui arrive toujours à la bourre…(ça me rappelle quelqu’un ?). Petit somme et dégustation du gatosport selon Pascale (gachtosphorth en fait) !!! Vers les 19h30’ nous rejoignons la communauté des
kikourous pour un apéro Raidlight (bizarre n’y a pas d’alcool ?) puis une pasta partie au chaud dans un salon V.I.P.. Bonne idée de Pascale que cette pasta partie, car celle de l’orga se déroule
sous chapiteau avec la queue d’attente dehors ! Le repas est pris en compagnie de Fab, son pote et 2 vieux briscards (2 pots de fab certainement…mais il n’a pas voulu l’avouer…), tout ça dans une
ambiance plus que feutrée, limite tristoune (le stress certainement). L’avantage c’est que l’on a pu se préparer au sec, au chaud et assez calmement dans un salon moquetté ! Alors que tout se passe
pas trop mal ; habillage, crème Nok aux pieds, scotchage des parties héritables, vérif du contenu du sac…. Et là ! Merde il pleut dehors !
Là petit moment de doute. 69km d’accord je m’étais fait à l’idée ou presque, mais sous la pluie…non ! Ce n’est pas la superbe veste achetée pour l’occasion et réputée étanche qui aller changer
quelque chose ! Mais en même temps on y est, et personne fait mine d’abandonner ou de rester au chaud…pourtant… non, tout le monde dehors c’est bientôt l’heure. Nous rentrons dans le hall principal
après une courte incursion à l’extérieur. (même pas froid nous dira Armelle ! Heu moi je me les gèle !). Notre sac de rechange est déposé, nous pouvons plus reculer . Nous comptons les longues
minutes restantes à côté du stand Endurance en observant tout ce monde en ébullition… C’est partit nous sortons, la température est plutôt froide mais il ne pleut pas, j’en oublie presque que j’ai
déjà les mains gelées et les pieds devraient bientôt suivre … Beaucoup de monde au départ, 5000 environ je crois… les derniers enregistrements, les derniers serrages, on va essayé de se suivre sans
trop y croire, on se dit quand même au tout à l’heure au cas où… moi je m’aperçoit que ma potion magique est trop dosée, enfin à mon goût parce que pour une fois j’ai respecté les préconisation du
constructeur ! Beurk, ça va être dégeu (goût neutre pourtant mais un arrière goût chimico-sucré quand même).
00h00 : le départ est donné sur la zik de U2, ça devient la grosse mode, plus un trail sans sa zik ! Prez va falloir dégoter un tube pour le TSB. Nous traversons une partie de St Etienne puis
sa banlieue avec sa zone commerciale morte à cette heure. Nous prenons un rythme tranquille sachant que c’est une première pour nous 3. Tout se passe plutôt bien, Armelle a même chaud, moi pour
l’instant je n’ai pas froid… Armelle fait une pause pour se dévêtir un peu (julien je te promets que je ne suis pas resté) et nous ne la reverrons plus. Nous continuons avec Pascale jusqu’au moment
où un arrêt technique m’oblige à laisser partir le train. Avec ce monde un arrêt de 2/3 min c’est plusieurs centaines de personnes qui vous doublent ! Mais bon je ne suis pas là pour faire un
classement, finir sera mon classement. J’ai donc perdu de vue Pascale, on verra bien… mais il y a un côté rassurant de courir avec quelqu’un que l’on connaît. En effet c’est un sentiment étrange en
ce début de course ; je suis loin d’être seul dans ce cordon de millier coureurs, mais en même temps je connais degeun ! Après 8km environ nous attaquons enfin le premier sentier. La pente s’est un
peu accentuée et la boue est au rendez-vous. Bientôt je retrouve Pascale, continue avec elle un petit moment, puis nous nous reperdons de vue et la course continue…
Le premier ravito (St Christo en Jarez) arrive après 1h50’ de course et je décide de tracer sans m’y arrêter. Les sentiers s’enchaînent avec pas mal de boue et il est assez difficile de
dépasser, car en descente je sens que je pourrai envoyer du gaz, mais je reste prudent impressionné par la distance, en montée je préfère ne pas me cramer (malgré l’appel des trabucco) …
Je suis le troupeau donc, et arrive en 2h40 au 22ème km(ravito Moreau). Petit moyenne, en retard sur mes prévisions mais mon départ prudent, le profil et le peuple m’ont un peu freiné. Rien de
grave il me reste un paquet d’hectomètre pour corriger ça. Le haut sommet de la course a été atteint et un profil général descendant reste à effectuer. Sauf que depuis quelques centaines de mètres
mes jambes sont plus lourdes, sont moins souples… je ne pense pas trop à ça pour l’instant et applique la méthode « akuna » et pense alors au prochain ravito de Ste Catherine (28km).
Les ravitos sont assez rapprochés et c’est pas plus mal finalement pour progresser tranquillement, surtout quand les symptômes physiques négatifs ne s’échappent pas… mes jambes sont de vrais
poteaux, et là c’est le dos qui commence à se raidir… En sortie du ravito, j’aperçois Pascale qui commence à relancer… je la rattrape alors pour continuer avec elle. Les traits sont un peu tirés
mais bon nous continuons… Je m’étais dit dans un premier temps que si j’arrivais en forme au ravito de St genou tout était jouable. Sauf qu’à St genou (34km) avec déjà 4h38’ dans les pâtes ça
commence à faire…et le moral n’est pas au beau fixe. Le rythme n’est pas rapide et il est difficile de s’évader comme dans d’autres courses…, le sol est glissant, et le paysage obscur… Peu de
possibilité d’échapper à ces idées noires qui polluent ma course : tu ne vas pas finir dans l’état que tu es…, t’avances comme une chèvre…, t’es pas bon), si ce n’est que la zic emportée…(massilia
en autres…).
Cinquième ravito : Soucieu en jarrest (km 45), le marathon est passé et il est déjà 5h50 du mat’. Je pense alors à tout les veinards qui profite du week-end pour se traîner sous la couette bien
chaude. Je pense à mon petit’hom qui va pas tarder à se réveiller lui pour avaler son bib. Le panneau 20km restant est là et les sensations toujours mauvaises, je souffle et pense que je vais
vraiment en chier… je suis toujours avec Pascale ou pas très loin, et appliquons la même tactique : nous marchons en montée et relaçons sur le plat et descente… La course devient monotone pour moi
et j’avance un peu machinalement. J’ai l’impression de ne plus être maître de mes jambes et avance comme un robot en fait…
Beaunant, ravito 6, 7h17 de course et il reste 12km. C’est quoi 12km ? Je les fait plusieurs fois par semaine pour m’entraîner… (bon sauf cette semaine !). Mais là 12 km dans cet état, c’est
énorme 12km. Lyon commence a apparaître et le jour est quasi levé. Les douleurs n’évoluent plus et j’avance péniblement. Me voilà aux portes de Lyon, je pense que c’est bientôt terminé et essai
d’entrevoir le palais des sports de Gerlan, mais non, on plonge, puis on s’écarte vers le nord de la ville, à l’opposé de l’arrivée. Là je perd Pascale et moi je n’avance plus. Ce détour dans Lyon
me semble interminable, encore une côte, puis une descente pavée finissent de me lessiver . Un dernier ravito, un peu inutile, je suis déjà mort. Les 4/5 derniers kilomètres sont annoncés, et nous
attaquons les quais de la Saône je crois, un truc interminable. On voit les coureurs plusieurs centaines de mètres devant… des cyclistes m’escortent et me déposent, et moi j’ai l’impression qu’en
nageant j’irai plus vite… (et faut savoir que je nage comme un lavabo !). Je convertis la distance restante en tours de stade pour que cela me paraisse moins long, mais bon peine perdue, c’est long
quand même.
Encore quelques relances, encore un virage à gauche, la dernière arche et je rentre dans le palais des sports…
Ca y est j’ai terminé,
Ca y est je suis finisher,
Ca y est je suis carbonisé,
Ca y est je vais pouvoir me poser,
Ca y est je vais pouvoir m’asseoir.
Je bois un coup au ravito d’arrivée (un peu light) et trace de suite au repas offert. Je profite du peu de coureurs et m’attable royalement et avale ce menu rapidement (même les pâtes au jus à
l’eau passent), puis je m’affale sur le table. Repos de courte durée car pascale me rappelle pour venir manger. Elle est arrivée un peu avant moi et en a profité pour aller voir les ostéos…(enfin
c’est ce qu’elle a dit…). Nous mangerons avec Fab et son pote, puis Armelle nous rejoint après avoir bouclé admirablement son périple. Les filles profitent des douches et des massages, puis nous
rentrons dans notre taxi et partageons la route entre deux assoupissements jusqu’à la maison. Voilà une sacrée aventure.
Un double sentiment après coup. Déçu d’abord par le temps et surtout par les sensations. Pas de réel plaisir tout le long de cette course nature sur route ! Mais en même temps je suis content
d’avoir terminé cette course mythique et de l’avoir fait au mental, ça peut toujours resservir.
Alors voilà vive le sport et vive l’amitié… @+ flo
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